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Le crédit : arme d'autodestruction massive?

 

(deuxième partie) L'éloignement de la Religion obscurcit la morale et fausse l'intelligence

 

 

Dans l'article précédant, (Le crédit : arme d'autodestruction massive? L'Etat masochiste) nous avons conclu que les Etats, au lieu d'avoir recours au crédit devraient créer leur propre monnaie. Etayons cette affirmation par un exemple.

 

Supposons que l'Etat emprunte, pour relancer son économie, 100 milliards de francs à 3% sur 20 ans. Il remboursera cette dette à l'aide des prélèvements obligatoires constituant ses recettes. Estimons la somme annuelle à consacrer au remboursement du capital et aux intérêts à 6,5 milliards. Cela suppose un panachage de mesures suivantes : augmentation des taxes et des impôts ; économie sur les dépenses de l'Etat ; baisse des prestations sociales, etc.

On voit que ces mesures vont à l'encontre du but recherché qui est la relance de l'économie, car une augmentation de production suppose davantage d'argent pour produire et davantage d'argent pour consommer ; alors que l'augmentation des taxes et des impôts, tout comme la baisse des prestations sociales plombent le pouvoir d'achat. Quant à la baisse des dépenses de l'Etat, lorsqu'elle se traduit par une réduction des achats sur le marché ou par la réduction du personnel au service de l'Etat, elle engendre, elle aussi, une réduction de la consommation.

 

Pour évaluer si l'emprunt est rentable, il faut opérer un calcul. Mais on voit que, passé un certain seuil, par rapport à une certaine capacité de production, l'emprunt ne pourra jamais être rentabilisé. Les banques raisonnent de la même manière pour les entreprises. Elles accordent en général un prêt aux firmes dont les dettes sont inférieures à la moitié des avoirs (actifs)[1]. Il en va de même pour les Etats. L'Europe exige des Etats que leurs dettes ne dépassent pas 60% de leur PIB. De toutes manières, l'Etat devrait éviter d'emprunter, car le remboursement annule toujours une grande partie de l'effet recherché. Si l'Etat n'a pas recours au crédit, que peut-il faire ? Emettre de la monnaie, tout simplement. S'il est souverain, pourquoi ne le fait-il pas ?

 

Parmi les chefs d'Etat, les politiciens, les économistes voire les banquiers eux-mêmes, la liste est longue de ceux qui se demandent pourquoi. La réponse est toujours la même : le pouvoir des banques a pris le dessus. Il semble impossible de s'en défaire. C'est ici que nous retrouvons les pouvoirs obscurs dont nous parlions au début de l'article précédent.

 

Une évaluation morale est-elle possible en matière monétaire ?

 

Est-il besoin d'argumenter, pour se convaincre de la noirceur des alternances d'inflations et de déflations ? Peut-être, car le public pense d'ordinaire que si les choses se passent ainsi, c'est qu'on ne peut pas les éviter.

 

Ces mécanismes sont-ils le fruit d'une loi naturelle comparable au mouvement des marées ou au cycle des saisons ? Certains le croient. Curieusement, nombre d'économistes se montrent superstitieux : ils pensent que l'inflation et la déflation résultent de systèmes complexes qu'on ne peut guère maîtriser, et qu'en voulant intervenir, on aggrave le mal plus qu'on ne le guérit ; ce qui exonère les responsables économiques de toute responsabilité morale. D'autres, plus rationnels, observent les phénomènes d'inflation et de déflation, puis démontrent que ces effets, largement prévisibles, découlent de décisions humaines et non de la fatalité, ce qui implique une responsabilité morale.

 

Quelle est la doctrine catholique en la matière ? Les papes ont-ils écrit sur la finance depuis l'encyclique Vix Pervenit de Benoît XIV en 1745 ? Quelques catholiques répondent : non. Mais la réalité est différente. [2]

Au début de l'Encyclique Rerum Novarum (1891), le pape Léon XIII déplore l'existence de l'usure qui perdure sous d'autres formes que le seul intérêt prélevé sur le prêt :

"Peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vus, avec le temps, livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Eglise, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité".

 

Pour le père Fahey, il ne fait aucun doute que l'une des formes nouvelles de l'usure condamnée par le pape soit le profit pris lors de la manipulation des sommes d'argent au seul profit des manipulateurs.

Ce qui est condamné, ce n'est point tant l'intérêt qui, après tout, rémunère le service rendu par un prêteur, que l'enrichissement spéculatif indu qui peut exister, même quand l'intérêt sur une somme prêtée reste minime. Or, par les alternances "inflation – déflation" le système bancaire arrive à mettre les nations à genoux.

 

Dans notre société actuelle, les banques gouvernent directement la presse ; la presse modélise l'opinion ; l'opinion fait et défait les gouvernements ; les gouvernements n'ont rien à refuser aux banques. Et derrière ce système en forme de poupée russe, se trouve toujours le pouvoir obscur dont nous parlions plus haut. 

 

Que pouvons-nous faire ? Référons au Père Fahey (T. 2, p. 388-389) en nous limitant à deux mesures.

 

Première mesure : retirer des mains privées la création de la monnaie[3]

"Des changements arbitraires de la masse monétaire entraînent une hausse ou une baisse des prix. Qui est maître de l'émission du moyen d'échange, contrôle toutes et chacune des opérations économiques. Si c'est un groupe privé qui exerce le pouvoir d'émettre le moyen d'échange (…) il devient un super – Gouvernement paralysant les effets du Gouvernement légal en vue du Bien Commun. Il est tout à fait vain de parler de démocratie ou de république lorsque le pouvoir souverain est exercé par un super groupe occulte."

 

Deuxième mesure : le Père Fahey souligne la distinction nécessaire entre la création de moyens d'échange et l'octroi de crédits. Si l'Etat est responsable du volume des moyens de payement, il n'est pas souhaitable qu'il le soit également de la distribution des crédits aux divers acteurs économiques. Les banques exercent un rôle nécessaire dont Pie XII a écrit le code. L'Etat, garant du bien commun ne doit pas tomber dans le despotisme.

 

"Lorsque le gouvernement s'engage dans le prêt d'argent, même dans le prêt de l'argent qu'il a créé, ou encore lorsqu'il détermine quelle entreprise pourra obtenir l'argent économisé par la population en échange d'une participation à l'entreprise, aucune entreprise privée ne peut tenir durablement. C'est pourquoi le système bancaire allemand (du régime National Socialiste) apparaît gravement défectueux."

Rappelons le : si l'Etat reste responsable du Bien Commun, il n'est pas pour autant propriétaire de la nation. D'où l'importance d'avoir une notion juste du Bien Commun des obligations qu'il entraîne et aussi des  limites qu'il impose. Le Père Fahey dit clairement ceci :

"La Reichsbank  crée du crédit bancaire sous forme de prêt accordé au gouvernement allemand et se dernier alloue ce nouveau crédit aux diverses filières de l'économie, en accordant arbitrairement des prêts aux entreprises de son choix. Ainsi donc, c'est le gouvernement qui détermine quelles entreprises peuvent ou ne peuvent pas emprunter. (…) Ce système détruit les droits des personnes de disposer librement de ce qu'elles ont gagné et le droit inaliénable de la personne humaine de posséder. (…) L'être humain est alors en danger de devenir un simple individu à la merci de l'Etat; il n'est plus traité comme un personne".

 

Au terme de cet article, nous pouvons continuer de douter : si les Etats ont recours au crédit au lieu d'avoir recours à l'émission de monnaie, n'y a-t-il pas une raison cachée?  Peut-être, mais citons quelques références prouvant que cette raison mystérieuse n'est ni d'ordre monétaire, ni d'ordre économique.

 

Témoignage des chefs d'Etats et des économistes eux-mêmes.

 

John Kenneth Galbraith, économiste 1908-2006 :

Le procédé par lequel les banques créent de l’argent est tellement simple que l’esprit résiste à y croire.

 

Maurice Allais, Prix Nobel de Sciences Économiques 1988 

Par essence, la création monétaire ex nihilo que pratiquent les banques est semblable, je n’hésite pas à le dire pour que les gens comprennent bien ce qui est en jeu ici, à la fabrication de monnaie par des faux-monnayeurs, si justement réprimée par la loi. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents

 

Wright Patman, membre démocrate du Congrès ; 1928-1976

Je n’ai jamais vu personne ayant pu, avec logique et rationalité, justifier que le gouvernement fédéral emprunte pour utiliser son propre argent... Je pense que le temps viendra où les gens demanderont que cela soit changé. Je pense que le temps viendra dans ce pays où ils viendront nous accuser, vous, moi, et toute personne liée au Congrès, d’être resté assis sans rien faire et d’avoir permis à un système aussi stupide d’être perpétué.

 

 

William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada :

Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile... Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait les lois... L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation

 

Abraham Lincoln, Président des États-unis

Le gouvernement devrait créer, émettre, et faire circuler toutes les devises et tous les crédits nécessaires pour satisfaire les dépenses du gouvernement et le pouvoir d’achat des consommateurs. En adoptant ces principes, les contribuables économiseraient d’immenses sommes d’argent en intérêts

 

James A. Garfield, Président des États-unis, 1831-1881; Élu en 1881 mais assassiné quelques mois plus tard.

Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et de tout le commerce et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent.

 

Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre 1928-1941:

Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter.

 

Woodrow Wilson (1856-1924), ancien Président des États-unis

Certains des plus grands hommes des États-unis, dans le domaine du commerce et de la production, ont peur de quelque chose Ils savent qu’il existe quelque part une puissance si organisée, si subtile, si vigilante, si cohérente, si complète, si persuasive... Qu’ils font bien, lorsqu’ils en parlent, de parler doucement

 

David Rockefeller, Commission Trilatérale 1991

Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York  Times, au  Time magazine et aux autres grandes publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque quarante ans. Il aurait été pour nous impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été exposés aux lumières de la publicité durant ces années.

Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à l’entrée dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale des siècles passés.

 

 

Regard chrétien sur l'économie

 

Il ne faudrait pas en rester à cette collection de témoignages pouvant provoquer un sentiment de rancoeur et d'impuissance. Nous devons remonter à la cause des causes, laquelle est l'abandon de la Royauté du Christ, car enfin, le non respect de la hiérarchie des pouvoirs, le pouvoir économique venant coiffer et diriger (pour l'évincer) le pouvoir politique, vient de l'abandon de la conception naturelle de la politique, responsable du Bien Commun, c'est-à-dire, nous dit Pie XII, toute l’activité politique et économique de l’Etat ordonnée à la réalisation durable du bien commun, c'est-à-dire ces conditions extérieures nécessaires à l’ensemble des citoyens pour le développement de leurs qualités, de leurs fonctions, de leur vie matérielle, intellectuelle et religieuse.[4]

 

Au grand scandale de ceux qui prêchent pour la société sans Dieu, tout le livre du Père Fahey rappelle la nécessaire connexion devant exister entre les lois que se donne une société et la morale d'une part, tout comme la connexion entre cette morale pratique et la Religion révélée d'autre part. Le Père Fahey cite l'encyclique Ubi Arcano de Pie XI (1922) sur la paix du Christ dans le Royaume du Christ (p. 150-151).

"Combien sont-ils, en effet, ceux qui admettent la doctrine catholique sur l'autorité civile et le devoir de lui obéir, le droit de propriété, les droits et devoirs des agriculteurs et des ouvriers, les relations réciproques des Etats (…) enfin les droits du Christ Créateur, Rédempteur et Maître sur tous les hommes et sur tous les peuples ?  Et même ceux-là dans leurs écrits, leurs discours et tout l'ensemble de leur vie agissent exactement comme si les enseignements et les ordres promulgués à tant de reprises par les souverains pontifes, notamment par Léon XIII, Pie X et Benoît XV avaient perdu leur valeur première ou même n'avaient plus du tout à être pris en considération. Ce fait révèle comme une sorte de modernisme moral juridique et social ; Nous le condamnons aussi formellement que le dogmatisme dogmatique."

 

N'oublions pas que ce combat est d'essence surnaturelle. Il n'est pas vrai qu'il suffirait de revenir sur le système de création de la monnaie pour obtenir une société chrétienne, mais il est vrai qu'empêcher l'usure peut soulager beaucoup d'âmes et les réconcilier avec la justice. Soyons clair : le but ultime est de permettre à l'Eglise de tourner les âmes vers Dieu ; ce qui est impossible tant que l'injustice règne partout sans que personne ne trouve à redire. Le but n'est pas seulement de permettre aux gens de vivre tranquillement, mais de leur montrer que sans Dieu, rien n'est possible et qu'il faut Retrouver son Règne dans les cœurs et sur la société.

 

Si nous diffusons sérieusement la Doctrine Sociale de l'Eglise, au lieu de nous contenter d'affirmations superficielles, si nous publions cette doctrine sans nous contenter des fameux "trois points non négociables" préconisés par Benoît XVI, si nous donnons priorité à la connaissance et à la compréhension de la Doctrine Sociale de l'Eglise, si nous en faisons le centre de notre formation, mûrie par la contemplation des malheurs de ce monde "ni profondément chrétien ni réellement humain (Pie XII), alors, rien n'est perdu.

La grâce aidant, les manœuvres de Satan apparaîtront au grand jour. Alors, et alors seulement, sous la conduite d'un clergé fidèle, appuyé sur la prière et sur la doctrine des bons Papes d'avant Vatican II, l'action des catholiques sera de nouveau bénie de Dieu. "Les hommes batailleront et Dieu donnera la victoire".

 

Ancelin Taillefer



[1] En principe la dette totale ne doit pas dépasser 50% des actifs inscrits au bilan. Sauf cas particuliers justifiant une dérogation à cette règle 

[2] C'est, entre autres, le cas d'Action Familiale et Scolaire (AFS). Signalons son numéro 202 d'avril 2009. On y lit, p. 11, "Un point important mérite d'être souligné : la DES 1 (c'est-à-dire la doctrine sociale de l'Eglise d'avant le Concile Vatican II) ne contient que des éléments incomplets de science politique". Une note indique :" Parmi les questions qui n'y sont pas traitées, signalons l'argent et la légitimité du pouvoir politique". C'est faire abstraction de Rerum Novarum (1891) de Léon XIII, de Quadragesimo Anno (1931) de Pie XI, mais aussi des interventions de Pie XII : L'allocution du 21 octobre 1945, abordant la question de la formation des salaires ; L'allocution aux directeurs et employés de la Banque de Naples, 20 juin 1948 ; l'allocution au personnel de la banque de Rome, 18 juin 1950 ; l'allocution aux dirigeants et aux fonctionnaires de la Caisse d'Epargne de Rome, 3 décembre 1950 ; l'allocution aux directeurs, aux hauts fonctionnaires et aux employés de la Banque d'Italie, 25 avril 1950 ; l'allocution aux membres du congrès international du crédit,  24 octobre 1951 signalons aussi le Discours aux banques populaires d'Italie du 9 juin 1956. On ne peut pas tout citer. Ces allocutions ne sont pas de l'eau bénite de cour. Elles rappellent ou précisent les principes moraux qui doivent présider à l'octroi de crédit, à la formation des prix, à la redistribution des revenus, à la  gestion de la monnaie, à l'épargne et à la gestion quotidienne des ménages. Et tant d'autres documents pontificaux, si bienfaisants, antérieurs à Jean XXIII. C'est en ne lisant pas les papes qu'on arrive à conclure que les papes n'ont rien dit sur le sujet.

[3] Note de l'ICRES : Ce qui implique aussi que les actionnaires des banques nationales ne soient pas des acteurs financiers du privé (comme c'est le cas actuellement). Ce sujet nous remet sur la question des "groupes obscurs" qui manipule l'économie. Groupes obscurs et obscurantistes qui dénoncent par médias interposés l'esprit "complotiste" et "antidémocratique" de ceux qui voudraient plus de transparence pour savoir comment s'en sortir. Serait-il donc antidémocratique de poser ces questions ?

[4] Radio Message, 24 décembre 1942.

Par Ancelin Taillefer
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  • 01/01/2007

Pie XII


La grande misère de l'ordre social est qu'il n'est ni profondément chrétien  ni réellement humain, mais uniquement technique et économique

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