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Le rôle de toutes les œuvres de la tradition :

Bannir l’erreur qui nous divise

 

Si nous voulons réfléchir, en tant que laïc, sur les tensions que subit actuellement la FSSPX et à travers elle, les œuvres  de la tradition catholique dans leurs couvents, leurs maisons religieuses, leurs instituts et leurs mouvements divers, il faut, en premier lieu, poser la question de la raison d’être de cette tradition. En second lieu, nous nous interrogerons sur les principaux paramètres  qui se sont dégagés dans les relations avec la Rome de Vatican II.

La raison d’être des œuvres de la tradition

 

La résistance catholique ne s’expliquerait en rien sans Vatican II. Ce concile et son cortège d’erreurs a motivé d’abord la réaction de Mgr Lefebvre, puis la sollicitation de quelques séminaristes qui ne supportaient plus la révolution dans l’Eglise, puis la fondation d’Ecône, puis la condamnation d’Ecône par les autorités conciliaires qui ne supportent pas la vérité, puis les fondations diverses de bénédictins, de capucins de dominicains et des dominicaines, d’écoles primaires et secondaires, puis les sacres de Juin 1988, puis les excommunications, et maintenant, le long ferraillage avec les autorités romaines. Il y a d’un côté les erreurs conciliaires et, de l’autre, la résistance.

 

Aucune résistance à l’erreur ne se conçoit sans attaque de l’erreur. La vocation profonde de la tradition dans toutes ses œuvres comporte la contestation radicale de l’erreur. Conscient que ce point peut déplaire à beaucoup, donnons quelques explications sur cet aspect capital.

Nombre de laïcs souhaiteraient pouvoir vivre en paix, aller à la messe le dimanche en famille sans avoir à se préoccuper des querelles qui les dépassent. Ce souhait est, en un sens, légitime. Le monde de la tradition ne s’est pas érigé petit à petit, durant quelque quarante années, pour entretenir des polémiques et des controverses continuelles. Il visait également et vise toujours la survie spirituelle des catholiques ; si bien que nombre de familles ont pu transmettre la foi dans un calme relatif.
Mais les choses sont ainsi faites que la résistance ne peut exister sans polémique et sans controverses. Cette résistance ne se limite pas aux erreurs de Vatican II. Elle s’étend aux erreurs intellectuelles du monde actuel, où les erreurs de Vatican II ont été puisées. Ces erreurs contaminent la vie quotidienne, tant sur l’Etat, que sur la famille, sur la propriété privée, sur les mœurs privées et publiques. Il est clair que l’enseignement catholique qui n’aborderait que le côté positif des choses serait insuffisant. Il est clair que sans un antidote puissant, nombre de jeunes issus des rangs catholiques subissent de plein fouet la subversion du monde et font naufrage sans laisser de trace. Exemple : Tel couple se marie. Les deux familles sont de la tradition. Ils sont jeunes, beaux, honnêtes, heureux. Lui, est technicien et travaille de nuit pour la télévision. Elle, doit également travailler pour compléter le salaire de son mari, insuffisant pour les loyers parisiens. L’euphorie des premiers mois une fois passée, cette vie contre-nature où ils ne se rencontrent qu’en week-end et certains matins pour se dire bonjour-au-revoir, finit par leur peser lourdement. Le ménage dure un peu moins de deux ans. Les familles sont consternées.  L’antidote est de faire comprendre aux jeunes les dangers qui attendent les âmes dans notre société faite pour déboussoler, où tout est organisé en dépit du bon sens. Devant ce constat critique, certains s’écrient ‘’ne découragez pas les jeunes !‘‘. Ce reproche adressé à la critique n’a  aucun sens. Il revient à envoyer nos enfants au casse-pipe sans armes et sans munitions.

Le prix de la Grâce, c’est le sang du Christ.

 

Une revue de la tradition s’alarmait de la mollesse de certains adolescents et plus qu’adolescents. Elle notait leur manque de conviction, elle imputait avec raison cette déliquescence précoce à une éducation trop molle. Cela est parfaitement vrai. Celui à qui tout est donné sans même qu’il ne le réclame, finit par ignorer le prix des choses, lequel se mesure dans l’effort. Mais allons plus loin : celui qui ignore ce contre quoi l’Eglise a dû toujours lutter et ce contre quoi elle doit continuer de lutter, ignore le prix de la Grâce, le prix de la Rédemption. Le prix de la Grâce se mesure dans le grand livre de la Croix.

C’est pourquoi le moderniste, inconscient (espérons-le), enlève l’aspect sacrificiel de la messe, préfère les célébrations bien fraternelles aux chemins de croix.

 

L’erreur n’a aucun droit : elle doit disparaitre.

Attardons-nous encore un instant sur cet aspect de la lutte, composante ontologique de l’organisme catholique. Tout se tient à un niveau de merveilleuse rigueur.

Encore une fois, en plus de la bonne doctrine à enseigner, il y a l’erreur dont il faut se préserver. Car l’erreur est occasion de péché. Historiquement, on la voit toujours au principe des grandes menaces contre la foi. Les conciles en témoignent. Car la vérité ne peut vivre avec l'erreur ni l'erreur avec la vérité. C’est impossible. N'en avons-nous pas tous les jours la preuve? On a dit que depuis Vatican II, l’Eglise ne voulait plus condamner. On s’aperçoit que, depuis Vatican II, elle condamne la Tradition. Si nous ne voulons pas détruirel'erreur, c'est elle qui voudra nous détruire.

 

L’erreur n’a aucun droit à l’existence. Certes, il ne s’agit pas de supprimer physiquement les suppôts de l’erreur. Mais il faut décrédibiliser l’erreur, lui enlever le masque d’autorité dont elle s’affuble. Il faut la combattre car elle peut corrompre tout ce qui ne la combat pas. Si on laisse une pomme pourrie dans un cageot, elle pourrit les pommes saines autour d’elle. L’erreur est une anomalie dont il faut s’occuper sans délais. Lorsqu’il y a une fuite d’eau, que faut-il faire en premier : essuyer l’eau sur le parquet ou bien aller vite fermer le compteur ? Lorsque je travaille dans une pièce la fenêtre ouverte, s’il survient un vent violent qui emporte mes papiers, dois-je d’abord courir après les papiers ou fermer la fenêtre ? Lorsqu’un homme est tenté par l’alcool, dois-je le sermonner ou bien dois-je d’abord éloigner la bouteille ? Lorsque les âmes sont principalement empoisonnées par l’erreur de la liberté religieuse, dois-je me contenter d’enseigner la doctrine, ou bien dois-je attaquer l’erreur ? La morale catholique nous enseigne qu’il faut fuir le péché et les occasions de péché. Même lorsque je n’adhère pas à l’erreur, si je ne la combat pas, celle-ci reste est occasion de péché pour moi ou pour les autres.

 

L’erreur dans les hautes sphères de l’Eglise.

A quoi sert de faire goûter les grandeurs et la beauté de notre religion, si je ne dis rien sur les cérémonies interreligieuses, si je ne dis rien sur le pape qui se recueille et prie dans les mosquées, si je ne dis rien sur Mgr Müller, Préfet de la Congrégation pour la Foi, nommé le 2 juillet en remplacement  du cardinal Levada. Or, ce nouveau préfet, gardien (?) de la foi, enseigne des hérésies.

 

Qui suis-je, moi, simple laïc du rang, pour accuser un archevêque d’hérésie ? Voici les     faits :

 

En 2002, les éditions st Ulrich (Ausburg) publient un ouvrage de Mgr Müller sur la messe. « Die Messe, Quelle des christlichen Lebens » (La messe, Source de vie chrétienne) L’évêque y déclare que l’utilisation des mots «corps et le sang » pour parler du sacrement de l’autel peut « prêter à confusion » si la chair et le sang sont considérés comme les composantes physiques et biologiques de l'homme Jésus. Il ne saurait non plus s’agir du corps transfiguré de Notre-Seigneur ressuscité. Sur sa lancée, l’ancien Evêque de Ratisbonne poursuit : « En fait, “corps et sang du Christ” ne désigne pas les éléments corporels de l’homme Jésus durant sa vie terrestre, ni même le corps transfiguré de Notre Seigneur ressuscité. Ici, les termes “corps et sang” expriment la présence du Christ, signifiée au moyen du pain et du vin. » Même un bon élève de la tradition, en quatrième année de catéchisme, serait capable de relever l’hérésie.

 

La sainte communion, c’est, pour Mgr Müller, « la communauté avec Jésus-Christ, procurée par le pain que nous mangeons et le vin que nous buvons. Déjà, dans le domaine de la relation personnelle, une lettre peut être un gage d’amitié. Elle peut montrer ou pour ainsi dire, incarner la sympathie qu’éprouve son auteur pour le destinataire. Ainsi, le corps et le sang deviennent « symboles de sa présence salvifique ».

On peut lire les autres hérésies de ce responsable de la doctrine pour la foi sur le site La porte latine citant une étude du district FSSPX d’Italie.

 

Combattre l’erreur n’est pas « le petit plus » de la tradition, par rapport aux catholiques issus de la tradition et reconnus par Rome. Combattre l’erreur fait partie intégrante de la foi et de l’apostolat.

 

Les paramètres en jeu dans les rencontres avec Rome.

 

Revenons maintenant aux questions préoccupantes, à savoir les tentatives de réconciliation avec Rome. Essayons de réfléchir sur les éléments principaux qui émergent des expériences de rapprochement. Il y a d’un côté la tradition avec ses principes et ses certitudes bi-millénaires. De l’autre côté, il y a Vatican II, avec son ouverture au monde et aux autres religions. Les rencontres avec les autorités actuelles de l’Eglise ne peuvent porter que sur une reconnaissance canonique assortie de certaines conditions, dont obligatoirement la dépendance de Rome. Parmi les nombreux statuts possibles proposés par le Vatican, on retrouve toujours les mêmes ingrédients :

-       On vous reconnaît sur la base de la réciprocité : vous reconnaissez Vatican II et le magistère actuel. On vous permet d’être bi-ritualiste. Romme peut intervenir dans le choix de vos supérieurs. Enfin vous dépendez des évêques diocésains pour toutes vos implantations.

 

-       On vous reconnaît avec une exemption juridique, c’est-à-dire que, sur le territoire de l’évêque, vous pouvez vous implantez où bon vous semble. Mais vous restez limités à un diocèse et vous reconnaissez Vatican II avec toute sa liturgie : vous devrez concélébrer pour les grandes occasions et vous reconnaissez le magistère actuel.

 

-       On vous reconnaît, mais, de votre côté, vous reconnaissez Vatican II interprété selon la tradition telle que la comprend le magistère actuel, et vous aurez l’exclusivité de la liturgie traditionnelle dans vos maisons (au moins pour un temps) ; mais vous n’aurez pas d’exemption juridique : vous dépendrez pour le reste des évêques diocésains.

 

-       La quatrième position n’existe pas pour l’instant. Ce serait : on vous reconnaît tel que vous êtes, vous avez le droit de combattre les erreurs de Vatican II, de critiquer le pape quand il prie dans une mosquée ou dans les temples protestants, quand il visite les synagogues et déclare ne pas vouloir convertir les juifs, parce qu’ils n’en ont pas besoin. Vous pourrez  démasquer les hérésies fleurissant à la tête de l’Eglise, jusque dans la     Congrégation pour Doctrine de la Foi. De plus, vous bénéficiez de l’exemption juridique, si bien que vous pourrez vous établir partout où bon vous semble sans permission préalable des évêques diocésains. Vous choisirez vous-même vos propres supérieurs.

 

Tout cela, le monde de la tradition l'a déjà, sauf la fameuse reconnaissance.  Pour q'elle soit accordée, il faudrait que l’erreur soit détruite. Cela peut arriver de deux manières : ou bien attendre, à l’abri de nos œuvres de tradition que l’Eglise conciliaire continue de s’autodétruire et, de chute des vocations en fermeture de séminaires, finisse par disparaître. Cette solution risque d’être longue. Que deviendront entretemps les âmes qui se perdront ?
Ou bien, attaquer l’erreur avec autant de vigueur que de charité, afin de hâter la décrédibilisassion des poncifs modernistes. Aider la reconquête de la foi par le travail de théologiens vraiment catholiques qui doivent à tout prix publier. Les laïcs pourront aider à la publication de leurs travaux. Cette deuxième solution aurait pour avantage de réveiller beaucoup d’âmes dans l’Eglise officielle. Elles s'en trouveraient mieux pour résister à l’asphyxie et se sauver. Cette solution est plus charitable que la première.

Delenda est Cartago. 

Voilà toute notre prière que nous présentaons à la très Sainte Vierge au moment où les prêtres de la Fraternité vont  réunir leur chapitre. Au moment où l’on parle de reconnaissance canonique, au moment où s'effrite l’esprit de lutte contre l’erreur, nous disons : la retraite n’est pas pour tout de suite. Il est même question de la supprimer. Le rôle de la tradition est de vaincre l’erreur. Il est sain de développer l’apostolat de la plume et de redoubler d’ardeur pédagogique dans les prêches aux laïcs avec la sainte liberté des enfants de Dieu. Les dominicains d’Avrillé et la Fraternité Saint Pie X ont déjà beaucoup publié[1]. Il suffit de consulter leur site internet. La lecture est essentielle. Mgr Lefebvre disait à ses séminaristes : si vous ne lisez pas, vous deviendrez des traîtres. ! Un dernier souhait : que les familles et les prêtres incitent les jeunes à se former sérieusement.

Confiant en Notre Dame, Reine du ciel, nous disons : Gaude, Maria virgo, cunctas haereses sola interemisti in universo mundo. Réjouissez-vous Marie, car vous seule avez vaincu toutes les hérésies !

Icres

 



[1]Le rôle de la revue : Le sel de la terre est capital. Celui du Courrier de Rome également.

Par ICRES
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  • 01/01/2007

Pie XII


La grande misère de l'ordre social est qu'il n'est ni profondément chrétien  ni réellement humain, mais uniquement technique et économique

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